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Chine-OMC : frictions commerciales

Source: CRI | 12-10-2011 09:19

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C'est sur fond de morosité de l'économie mondiale que la Chine va fêter ses 10 ans en tant de membre à part entière de l'Organisation mondiale du Commerce... 10 ans pendant lesquels la Chine a vu ses échanges commerciaux avec l'étranger s'accroître à un rythme épousttouflant. Tout en conquérant toujours plus de marché et en gagnant de poids dans les discussions internationales, la Chine doit désormais faire face à des frictions commerciales qui ne font que se multiplier... Sans parler de la recrudescence du protectionnisme depuis la crise financière internationale. Quelle réponse donner ? Comment la Chine pourrait-elle s'en sortir ? Reportage de Xiaotai.

En 2009, 40% des procès anti-dumping et 75 des procès anti-subvention intentés dans le monde l'étaient contre la Chine, le pays qui assurait 9,6% des exportations mondiales... En 2010, la Chine a fait l'objet de 66 enquêtes portant sur des dérives protectionnistes, pour un montant total de 7,7 milliards de dollars.

Les frictions « non conventionnelles » ont tendance à se multiplier, autour des questions telles que le taux de change du RMB, la politique à l'égard des nouvelles énergies, la protection des droits de propriété intellectuelle, l'environnement d'investissement ou encore l'accessibilité du marché.

Alors pourquoi cette multiplication des frictions commerciales entre la Chine et le reste du monde ? Explications de Liu Mingli, directeur d'études à l'Académie des relations internationales contemporaines de Chine :

"Lors que l'environnement économique sombre, les frictions commerciales deviennent inévitables. Du côté des pays développés, la croissance stagne en Europe comme aux Etats-Unis, les taux de chômage se maintiennent à des niveaux élevés, tout cela peut favoriser le protectionnisme. Par contre la Chine, en tant que première économie émergeante dans le monde, s'approche de jour en jour des pays européens ou américains en termes de structuration industrielle, allant de pair avec l'accroissement de son influence sur la scène internationale et la rapide croissance de son économie. Alors entre la croissance chinoise et la morosité de l'Europe et des Etats-Unis, le contraste est fort. Les frictions sont donc difficilement évitables. "

Il n'est probablement pas question de commerce 100% libre tant que les frontières existent... En effet, dès qu'il s'agit de divergeances ou de frictions, sa propre sécurité économique et ses propres intérêts passent avant la liberté des échanges.

Nouvelle tendance quant aux frictions commerciales entre Chinois et Européens : sont aujourd'hui concernés les produits haut de gamme, plutôt que les produits manufacturiers à faible valeur ajoutée ou les matières premières. Analyses de Cui Hongjian, directeur des études sur l'Union eurpéenne auprès de l'Institut chinois des Questions internationales :

"L'Europe est très vigilante vis-à-vis des nouvelles tendances des exportations chinoises, qu'il s'agisse de l'augmentation de leur teneur en technologie ou de la montée en gamme des produits. Parce que cela risque éventuellement d'avoir des conséquences négatives sur leurs propres industries. Pour nous Chinois, nous devons nous préparer à la multiplication des recours aux mesures de défense commerciale de la part des marchés comme l'Europe."

Autre nouveauté, si auparavant les frictions commerciales n'opposaient la Chine qu'aux pays développés, eh bien aujourd'hui, les pays en voie de développement sont de plus en plus impliqués. Depuis le début de cette année, plus de 40 plaintes ont été déjà portées contre la Chine par des pays comme l'Argentine, le Mexique, le Brésil, la Turquie ou l'Inde.

Clodoaldo Hugueney, l'ambassadeur du Brésil à Beijing, ne s'étonne pas de la multiplication des frictions commerciales entre son pays et la Chine.

"Les échanges commerciaux entre la Chine et le Brésil s'accroissent au rythme annuel de 40%. Il est tout à fait normal de générer des frictions entre nous. Le Brésil a été, pendant plusieurs années, le marché où les exportations chinoises affichaient la plus forte croissance. En 2010, on a constaté une augmentation de 60% des importations brésiliennes depuis la Chine. Dons parfois c'est un peu délicat... Les frictions commerciales sont inévitables, l'important c'est que les deux gouvernements en soient conscients et qu'ils puissent y répondre. Nous avons constitué au sein du Haut Comité de coopération sino-brésilienne un sous-comité pour l'économie et le commerce, qui est chargé de faciliter la communication entre les deux gouvernements sur ce plan."

En dehors de l'intensification des échanges commerciaux entre la Chine et les autres pays en voie de dévelopement, leur grande similitude en termes de structure de l'économie peut sans doute aussi expliquer la multiplication des contentieux commerciaux... Zhou Zhiwei, chercheur du Centre d'études brésiliennes à l'Académie des sciences sociales de Chine :

"Du point de vue des échanges commerciaux entre la Chine et le Brésil, les produits chinois vendus au Brésil sont à 90% des produits manufacturiers, ce qui inévitablement porte un coup à l'industrie bréslienne. Et sur les marchés tiers, aux Etats-Unis ou dans les pays d'Amérique latine, la Chine et le Brésil sont l'un pour l'autre des concurrents. Cela est évident."

Consultations et négociations, avec des outils légaux ou politiques, tout en tenant compte des circonstances de chaque pays, telles sont les solutions que la Chine propose pour résoudre les conflits et frictions commerciaux. Enfin, seul le rejet total du protectionnisme permettrait de réduire les frictions commerciales, et cela, heureusement, le monde entier l'a bien compris.


Rédacteur: Zhang Yan