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Origine de la fête des Lanternes

Historique

À l'époque des Royaumes combattants (475-221), ce jour-là on ne mangeait pas encore de yuanxiao mais on dédiait des sacrifices au dieu Soleil, alors appelé Premier Empereur ou Seigneur de l'Orient. L'exposition de lanternes est liée au couvre-feu historique. Depuis la dynastie des Zhou, il y a 3 000 ans, il était interdit au peuple de sortir la nuit. Ce règlement rigide ne s'accordait pas avec l'atmosphère de fête du premier mois de l'année. Pour permettre au peuple de se divertir et éviter son mécontentement, autant que pour se divertir eux-mêmes, les gouvernants des Han décidèrent de lever le couvre-feu. Déjà au Ve siècle de notre ère on disposait de lampes à l'huile, à la laque, à l'encens et à la cire. Leur lumière se confondait avec les rayons de la lune et se reflétait sur l'eau. Les gens restaient dehors à admirer les lanternes jusqu'au matin.

Durant la période des Trois Royaumes (220-265), on inscrivait des devinettes sur les lanternes. Celui qui pouvait résoudre l'énigme gagnait un prix.

Sous les Song (960-1279), on prolongea jusqu'à trois ou cinq jours l'exposition des lanternes. Les temples et les familles nobles étaient invités à décorer des tentes de tissus multicolores et de lanternes originales et couteuses. On en trouvait en verre coloré et même en jade blanc, peintes de paysages, personnages, fleurs et animaux.

Puis sous les Ming (1368-1644), la fête des Lanternes vint s'enrichir de spectacles théâtraux. À une époque plus récente se sont ajoutés les feux d'artifice, la danse des barques (en bambou recouvert de tissu, fixées à la taille d'une personne) et diverses activités comme des défilés de mode ou des concours de chant.

Les anciennes coutumes autorisaient les jeunes à deux sorties par an, soit le jour du Qingming, où l'on sortait nettoyer les tombes, et le soir de la fête des Lanternes, où la jeune fille partait à la rencontre de son futur fiancé. Dans plusieurs romans anciens les rencontres se produisent ce soir-là.

La croyance populaire veut aussi que la fête des Lanternes et celle de la pleine lune d'automne soient les seuls où une femme enceinte, grâce à un rituel précis, peut connaitre le sexe de son enfant. Avant minuit, et après avoir fait bruler de l'encens et des bougies sur l'autel des ancêtres, la future mère fait sauter des gâteaux à la poêle en murmurant des prières. Puis, tenant un gâteau dans son dos, elle sort subrepticement de la maison. Les premiers bruits ou paroles qui lui parviendront alors seront des indices révélateurs.


Rédacteur: Jin Wensi