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L´école dans la grotte

Source: CNTV | 09-05-2010 10:26

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Certains disent que c’est la dernière communauté d’Asie vivant dans une caverne, d’autres affirment que c’est un paradis isolé du monde extérieur.

C’est ce qui gratte les cordes en faisant voler la chanson dans la grotte ; et c’est aussi ce qui danse pour permettre de garder espoir en une vie meilleure.

Bienvenue dans notre émission Kaléidoscope.

L’école dans la grotte

Un homme : Commençons la cérémonie de lever du drapeau. Hissons-le et chantons l’hymne national.

Homme : Les enfants, notre école primaire de Zhongdong et notre peuple miao vivent dans l'étreinte de notre patrie, nous devons travailler assidûment et apprendre avec diligence afin de pouvoir, plus tard, bâtir notre pays et construire notre pays natal, d’accord ?

Les élèves : Oui !

District autonome miao et buyi de Ziyun, province du Guizhou

Les peuples locaux du Guizhou disent qu'il y a des cavernes dans chaque montagne. Zhongdong —la grotte au milieu en chinois— est situé au sud-ouest de la province du Guizhou. Il existe une grotte supérieure et une autre inférieure à celle-ci, c’est la raison pour laquelle on l’appelle ainsi. La grotte de Zhongdong est profonde de 215 mètres pour 50 mètres de haut. On y trouve des maisons en bois et en bambou où vivent une dizaine de familles, soit près de 100 personnes. Certains considèrent cette communauté comme la dernière tribu de caverne d’Asie. Aujourd'hui, l’école primaire Zhongdong est l’une des très rares écoles qui se situe encore dans une grotte. Les enfants nés ici y sont habitués depuis toujours.

C'est le cours de musique, l’enseignante Yang Zhengxiu leur apprend à chanter et à danser. Elle se charge non seulement des cours de musique de la première à la sixième année, des cours de chinois et de mathématiques de troisième année, mais est également la maîtresse de la classe de troisième année.

Yang Zhengxiu (ethnie miao)

Enseignante de l’école Zhongdong

Yang Zhengxiu : Quand je suis arrivée, on n’avait pas encore mis en place les cours en mandarin, on utilisait encore le dialecte du Guizhou en classe. Après, les élèves ne comprenaient plus du tout dès lors que nous faisions cours en mandarin. Peu importe ce qu’on leur demandait, ils ne comprenaient pas. Mais maintenant que nous avons passé beaucoup plus de temps ensemble, petit à petit, ils ont appris la langue et nous pouvons maintenant communiquer en mandarin avec eux au quotidien.

Depuis des générations une communauté miao habite à Zhongdong, on l’appelle aussi « le village miao de Zhongdong ». Ils vivent dans des cavernes sombres et cultivent principalement du maïs et des pommes de terre dans des parcelles en escalier. La plupart des gens d’ici sont analphabètes et ne parlent pas mandarin, il leur faut compter les grains de maïs pour faire le compte.

En 1984, Yang Zaide, représentant du conseil éducatif de la ville de Shuitang, a préconisé d’établir cette école primaire à Zhongdong. Dans la grotte, devant leur porte les enfants se réunissaient sur des tabourets et le cours commençait. Yang Zaide était à l’époque et à la fois l’unique enseignant et le directeur de l’école. Il y a une dizaine de hameaux dispersés dans les montagnes environnantes, le hameau le plus proche de Zhongdong est à trois heures de marche. Pour aller à l'école, les enfants habitant les environs marchent généralement de 3 à 5 heures pour y arriver. Pour ceux qui habitent encore plus loin, ils sont obligés de loger à Zhongdong. Le nombre d’élèves est en augmentation, mais celui des enseignants ne suit pas. Vivre dans la grotte est une condition préalable pour assurer un enseignement normal. Et c’est sans doute ce qui fait hésiter les personnes venant de l'extérieur : mais qui donc désirerait venir enseigner et s’établir ici ?

Yang Zaide (ethnie miao) : père de Yang Zhengxiu

Yang Zaide : Je considère cet endroit comme mon propre enfant, l’enfant miao. Nous avons eu des enseignants d’autre groupes ethniques buyi ou han. Mais en général ils ne restent pas très longtemps car ils éprouvent des difficultés pour communiquer en raison de la particularité de notre langue.

Yang Zhengxiu : Les gens disent que les enfants de Zhongdong n’ont pas de vêtements, certains marchent même les pieds nus, il n’y a ni l’eau ni l’électricité. Sans eau, les enfants ont le visage sale puisqu’ils ne se lavent jamais. Et les adultes ? Leurs parents leur expliquent que dans la famille il n’y a qu’un seul pantalon propre qui vieillit aussi avec le temps, c’est celui qu’on porte lorsque quelqu’un de la famille veut sortir ou aller à la foire. Chaque fois qu’on va rendre visite aux proches, on porte ce pantalon là.

Yang Zaide : J’ai pensé à ma fille, comme elle est assistante maternelle, je me disais qu’elle pouvait très bien venir ici enseigner aux enfants, c’est tout à fait son métier. Je lui ai donc expliqué que ces enfants représentaient l’espoir de notre communauté.

Yang Zhengxiu : Au début, je trouvais l’endroit trop arriéré et je n’aurais certainement pas pu rester ici très longtemps. Mais lorsque je pensais aux paroles de mon père, ces pauvres enfants me faisaient de la peine. Mon père a consacré toute sa vie à l’éducation, ainsi depuis mon enfance j’ai toujours eu le désir de devenir une bonne enseignante une fois adulte.

L’école primaire Zhongdong a déjà 22 ans d’existence au sein de la communauté miao de la grotte. Pas moins d'une dizaine d’enseignants s’y sont succédé, mais leur nombre et leur compétence étaient insuffisants et variables. Mais aujourd’hui, c’est enfin devenue une école assez importante avec 8 enseignants et 210 élèves, elle draine une dizaine de hameaux environnants.

femme : Combien y a-t-il de dizaines dans 46 ?

Yang Zaide a pris sa retraite. Yang Zhengxiu n’a pas déçu son père, depuis 2002, c’est la personne qui a enseigné le plus longtemps dans cette école. Elle a fait la classe à de nombreux élèves d’ici. Sa vie a aussi connu de grands changements. Elle était autrefois une jeune mère lorsqu’elle est arrivée ici.

Yang Zaide : Ma femme portait le bébé dans le dos, ma fille et moi, on portait les bagages. Nous étions chargés, nous avions aussi du riz et des légumes. Je me rappelle encore que ce jour là il pleuvait, la route était glissante.

Yang Zhengxiu : Nous avions déjà gravi une montagne, descendu une pente, puis passé une grotte de montagne quand je demandai à ma mère si l’on était bientôt arrivé. Elle m’a dit « non, pas du tout, c’est encore tellement loin qu’on ne peut même pas voir l’arrivée ». Nous devions contourner la montagne par l’autre côté pour y arriver. Ma mère nous montrait la direction en nous disant que c’était encore très loin. Je me suis demandé comment allait-on s’en sortir avec tous ces bagages pesants et ce chemin glissant.