Rechercher
Chaîne française > Journal > Journal > Article

Est-il permis à quelqu´un d´autre d´acheter ou de vendre à sa guise les îles chinoises Diaoyu Dao ?

Source: Le Quotidien du Peuple en ligne | 10-30-2012 15:08

Taille du texte: T+ | T-  | Email

Le 10 septembre 2012, le gouvernement japonais a annoncé l’ « achat » des Diaoyu Dao et de ses îlots affiliés Nanxiao Dao et Beixiao Dao, procédant à la soi-disant « nationalisation » de ces îles. Cet acte du gouvernement japonais constitue une grave violation de la souveraineté territoriale de la Chine. Le gouvernement et le peuple chinois en expriment leur ferme opposition et leur vive protestation.

I. Les Diaoyu Dao font partie intégrante du territoire chinois depuis l’antiquité.

1. La Chine est la première à découvrir, à baptiser et à exploiter ces îles.

Diaoyu Dao et ses îlots affiliés (dénommés ci-après les Diaoyu Dao) qui désignent un ensemble d’îles et d’îlots, dont Diaoyu Dao, Huangwei Yu, Chiwei Yu, Nanxiao Dao et Beixiao Dao, font partie intégrante du territoire chinois depuis l’antiquité. Dans Voyage avec le vent arrière (Shun Feng Xiang Song), paru en 1403 (1ère année sous le règne de l’empereur Yongle de la dynastie Ming), Diaoyu Dao et Chiwei Yu, appelés alors « Diaoyu Yu » et « Chikan Yu », étaient déjà clairement mentionnés comme des îles chinoises se trouvant sur la voie maritime qui reliait la province du Fujian et les îles Ryukyu.

Les innombrables Récits du voyage aux Ryukyu (Shi Liu Qiu Lu), laissés par les 24 envoyés des cours des Ming et des Qing aux Ryukyu chargés de conférer le titre du roi des Ryukyu décrivent de manière détaillée la topographie et la géographie des Diaoyu Dao et situent à l’est de Chiwei Yu la ligne de démarcation entre la Chine et les Ryukyu. Dans le récit écrit par l’envoyé impérial Chen Kan en 1534 (13e année du règne Jiajing des Ming), le plus ancien des textes officiels existant dans lesquels est mentionnée la frontière maritime de la Chine avec les Ryukyu, il est écrit : « Diaoyu Yu, Huangmao Yu et Chi Yu, les îles s’enchaînent l’une après l’autre. Puis on aperçoit le Mont Kume par laquelle commence le territoire des Ryukyu. À bord, les Ryukyuans exultent car ils arrivent enfin chez eux. » Cette description montre que les Ryukyuans pensaient qu’une fois l’île Chi Yu (aujourd’hui Chiwei Yu) passée et le Mont Kume (aujourd’hui l’île Kume-jima) en vue, ils étaient sur le territoire des Ryukyu. Cela prouve que les Diaoyu Dao font partie du territoire chinois et non pas celui des Ryukyu.

Dans son ouvrage Zhong Shan Chuan Xin Lu (Récit du voyage au Chuzan, « Chuzan »
étant un autre nom des Ryukyu) écrit en 1719, l’envoyé impérial adjoint Xu
Baoguang explique clairement que « les îles Yaeyama constituent l’extrémité
sud-ouest du territoire des Ryukyu » et que pour aller du Fujian aux Ryukyu,
« il faut passer par les îles Huaping Yu, Pengjiashan, Diaoyutai, Huangwei Yu,
Chiwei Yu pour atteindre le port Naha via le Mont Kume (poste fortifié sur la
frontière sud-ouest des Ryukyu) et Machi Dao ».

Dans son ouvrage Zhong Shan Chuan Xin Lu (Récit du voyage au Chuzan, « Chuzan » étant un autre nom des Ryukyu) écrit en 1719 (58e année du règne Kangxi des Qing), l’envoyé impérial adjoint Xu Baoguang explique clairement que « les îles Yaeyama constituent l’extrémité sud-ouest du territoire des Ryukyu » et que pour aller du Fujian aux Ryukyu, « il faut passer par les îles Huaping Yu, Pengjiashan, Diaoyutai, Huangwei Yu, Chiwei Yu pour atteindre le port Naha via le Mont Kume (poste fortifié sur la frontière sud-ouest des Ryukyu) et Machi Dao ». Le « poste fortifié » ici désigne la plus grande des îles au sud-ouest des Ryukyu. Cheng Shunze, grand savant ryukyuan de l’époque, a donné les mêmes descriptions dans son Guide général (Zhi Nan Guang Yi) même avant le Récit du voyage au Chuzan de Xu Baoguang. Il est donc très clair que la Chine et les Ryukyu avaient à l’époque un parfait consensus sur leur frontière maritime et l’appartenance des îles concernées.

2. L’État chinois a exercé pendant longtemps son autorité sur les Diaoyu Dao.

Dès le 14e siècle, au début de la dynastie des Ming, les amiraux chinois Zhang He et Wu Zhen et leurs hommes ont effectué des patrouilles sur la côte sud-est de la Chine et pourchassé les pirates japonais jusqu’à l’« océan de Ryukyu », soit la fosse de Ryukyu. À ce moment-là, les Diaoyu Dao, devenues la tête de pont de la résistance chinoise aux pirates japonais en mer, étaient déjà mises sous le contrôle de la défense maritime de la Chine.

Les Diaoyu Dao figurent d’ailleurs comme des territoires sous le contrôle de la garde-côte des Ming sur la Carte des montagnes et sables côtiers (Yan Hai Shan Sha Tu) dans l’Atlas de la défense maritime (Chou Hai Tu Bian) rédigé conjointement par Hu Zongxian, commandant suprême de la garde-côte du Sud-Est et le géographe Zheng Ruozeng en 1561 (40e année du règne Jiajing des Ming). Elles font partie du territoire maritime de la Chine dans la Carte intégrale des territoires et de la défense maritimes (Qian Kun Yi Tong Hai Fang Quan Tu) établie par Xu Bida en 1605 (33e année du règle Wanli des Ming) et dans la carte de défense maritime Annales de la défense • Défense maritime II • Carte des montagnes et sables côtiers du Fujian (Wu Bei Zhi • Hai Fang Er • Fu Jian Yan Hai Shan Sha Tu) établie par Mao Yuanyi en 1621 (1ère année du règne Tianqi des Ming). Et elles ont continué à être considérées par la dynastie suivante des Qing comme faisant partie de la défense maritime de la Chine.

La carte de défense maritime Annales de la défense • Défense maritime II • Carte
des montagnes et sables côtiers du Fujian (Wu Bei Zhi • Hai Fang Er • Fu Jian Yan
Hai Shan Sha Tu) établie par Mao Yuanyi en 1621.

En 1556 (35e année du règne Jiajing des Ming), Zheng Shungong est envoyé par le gouvernement des Ming effectuer une mission d’études au Japon, et écrit Regard sur le Japon (Ri Ben Yi Jian) dans lequel il établit une carte intitulée Aperçu sur les océans (Cang Hai Jin Jing) où il décrit Diaoyu Yu comme « îlot dépendant de Xiaodong », Xiaodong étant un autre nom désignant à l’époque Taiwan. Cela veut dire que la Chine affirmait, à cette époque, que les Diaoyu Dao étaient affiliées géographiquement à Taiwan. Des documents officiels des Qing comme le Récit des missions à Taiwan (Tai Hai Shi Cha Lu) et les Annales de la préfecture de Taiwan (Tai Wan Fu Zhi) donnent d’ailleurs des informations précises sur l’administration des Diaoyu Dao. Les Annales générales révisées du Fujian (Chong Zuan Fu Jian Tong Zhi) de 1871 précisent que ces îles relèvent du District Gamalan (aujourd’hui district de Yilan) de Taiwan.