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Corruption : tigres ou mouches, tolérance zéro

Source: CCTV.com | 03-11-2013 09:02

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Dossier

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Pendant toute la durée des deux sessions, tous les jours, un de nos collègues français nous rejoint sur le plateau pour évoquer un sujet de l’actualité chinoise. Nous accueillons donc Nicolas Irurzun qui aujourd’hui va nous parler du problème de la corruption.

En succédant à Hu Jintao à la tête du PCC, Xi Jinping s’est engagé à lutter contre la corruption dans la fonction publique à tous les niveaux. Il a ainsi déclaré "Nous devons mener de front la lutte contre les tigres et contre les mouches, enquêter résolument dans les cas d’infraction à la loi impliquant des hauts fonctionnaires et aussi résoudre avec ardeur les tendances malsaines et les problèmes de corruption qui affectent tous les gens". Cité par l’agence de presse Xinhua, le nouveau chef du PCC a jugé que dans la bataille contre la corruption, il importait autant de poursuivre les "mouches" - les fonctionnaires de base - que les "tigres" - les plus hauts responsables.

Corruption : tigres ou mouches, tolérance zéro

La corruption n’est pas un problème spécifique à la Chine, mais le phénomène y est favorisé par deux aspects : les opportunités offertes par une croissance économique insolante et un système juridique encore incomplet. On y voit beaucoup de délits en col blanc. L’ex-ministre des chemins de fer est par exemple accusé d’avoir détourné des centaines de millions de yuans. Les milieux d’affaires ne sont pas épargnés comme l’ex-PDG de Gome, parti de zéro pour devenir première fortune de Chine, qui sera en prison jusqu’en 2022 pour malversations.

1ère question: Quelle est la position du gouvernement central face à ce problème de corruption?

Le pouvoir central a décidé de réagir à cette corruption en faisant des exemples, avec à la clé des condamnations lourdes. Les campagnes yanda 严打 (frapper fort) se succèdent depuis que Mao a ouvert les hostilités en 1951. Elles se soldent par des condamnations lourdes pour frapper les esprits. Les internautes participent activement. Sur Weibo on s’y donne a coeur joie pour débusquer les officiels véreux.

La face visible de la corruption: le train de vie ou l’arrogance des officiels, fait l’objet d’une attaque spécifique de la nouvelle direction qui dénonce les banquets et les voyages somptuaires et appelle à la simplicité dans l’attitude. Les microbloggers sont aux aguets. Grâce aux caméras de video-surveillance qui enregistrent, au choix une tentative de graissage de patte de policier ou un pétage de plomb à l’aéroport.

2ème question: Quelles sont les solutions proposées pour vaincre ce fléau?

Selon Xi Jinping c’est une question de survie. A peine nommé secrétaire général du PCC, il déclare: "Le corps pourrit, puis les vers pullulent". Dans la bouche d’une personnalité appelée à de si hautes fonctions, la métaphore renvoie à l’effondrement de "certains régimes". A terme, ajoute-t-il, la cupidité peut "mener le Parti et la nation à sa fin!"

Parmi les remèdes possibles, il a été proposée une amnistie générale, à condition que les sommes détournées soient remboursées. Plus classique, la loi qui obligerait les hommes politiques à publier leur patrimoine, proposée régulièrement depuis plus de 20 ans, et qui n’a toujours pas été adoptée.

Quoi qu’il en soit, la volonté de combattre l’hydre de la corruption est bien visible. Pour preuve, le nouveau patron de la Commission disciplinaire du Parti, Wang Qishan, est également l’un des sept membres du Comité permanent, le poste de pilotage de la Chine. Il est aussi à noter que 2013 est une année de probation pour la Chine qui a rejoint la convention anti-corruption de l’ONU.


Rédacteur: Jin Wensi