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Contrefaçon, un fléau persistant

Source: CCTV.com | 03-12-2013 08:27

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Dossier

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Pendant toute la durée des deux sessions, tous les jours, un de nos collègues français nous rejoint sur le plateau pour évoquer un sujet de l’actualité chinoise. Nous accueillons donc aujourd’hui Nicolas Irurzun.

La contrefaçon est le fait de reproduire ou d’imiter quelque chose sans en avoir le droit. Elle porterait sur 600 milliards de dollars et entre 5% et 10% des échanges mondiaux. Elle touche toutes sortes de produits et plus seulement les articles de luxe, et représente un formidable manque à gagner pour les marques ainsi spoliées.

Or, selon l’OCDE 80% des produits contrefaits saisis viennent de Chine. L’atelier du monde devenait aussi l’empire de la copie. On trouve tout et n’importe quoi. Des chaussures "Adidos", des sacs "Vruitton" ou des portables "Samsong".

Contrefaçon, un fléau persistant

Mais les contrefacteurs font aussi quelque fois du beau travail, avec des copies plus vraies que nature. Parfois même pour la seule beauté du geste comme les fameux faux œufs de poule de Handan, dans le Hebei, qui coûtaient plus cher à fabriquer que les vrais. Les biens sont copiés mais aussi les services et le marketing comme en témoignent ces faux Ikea ou Apple store qui fleurissent partout dans le pays.

Le problème c’est que la contrefaçon rapporte très gros. Elle est même source de développement et de croissance.

Le commerce électronique en sait quelque chose. On trouve de tout sur Taobao, même si le patron du temple de la vente en ligne, Jack Ma, promet de se lancer dans la lutte contre les produits piratés. Cette lutte même fait la fortune de certaines entreprises privées qui proposent à leurs clients de traquer les profiteurs. Mais cette chasse aux pirates ne peut se faire sans l’appui des pouvoirs publics.

1ère question: Quelle est la réponse du gouvernement face à ce fléau de la corruption?

Un long chemin a été parcouru depuis le début de la modernisation de la Chine. A l'époque de Deng Xiaoping et de l'ouverture de la Chine, copier les produits et techniques de l'Occident était encouragé. Il est à noter également que culturellement la copie n'est pas mal perçue en Chine. Si quelque chose est bien fait, pourquoi en inventer un autre?

Mais depuis une dizaine d'années, le gouvernement s’engage régulièrement et de plus en plus efficacement dans de grandes campagnes contre la contrefaçon. La police passe les caves au peigne fin, saisit des tonnes de contrefaçons et envoie les contrevenants en prison.

Avec un certain succès d’ailleurs: selon la Chambre de commerce de l’UE, la part chinoise dans les contrefaçons saisies en 2011 a reculé de 20 à 30%. Mais c’est peut être que le problème s’est déplacé.

2e question: Existe-t-il une coopération au niveau international?

Oui, car lutte anti contrefaçon requiert la coopération de tous. Surtout que les copies touchent non seulement le luxe mais aussi les pièces détachées, les jouets, les médicaments, ce qui peut s'avérer extrêmement dangereux pour la sécurité. L’Accord franco-chinois de juillet 2009 a été le premier du genre avec un pays étranger. La délégation envoyée par Nicolas Sarkozy promettait un soutien de la France à l’Administration pour l’industrie et le commerce, principal acteur de la lutte en Chine. Chaque année, 550 mille agents sillonnent le territoire pour débusquer les faux en tous genres.

On remarque en fait une forme de césure entre les grandes villes de l'Est et les provinces. Dans l'Est, les habitants au pouvoir d'achat plus élevé peuvent se permettre d'acheter des grandes marques. En revanche, dans les villes de province, ces grandes marques ne sont pas toujours présentes, et les consommateurs se ruent sur les copies. Dans ces régions plus isolées, la contrefaçon est une véritable industrie qui fait travailler des millions de personnes. Alors que dans les villes comme Shanghai ou Beijing, se développe une culture du luxe, qui tient un peu en mépris ces copies.

Surtout qu'on remarque une nouvelle tendance: celle de copier les marques chinoises elles-mêmes, un comble et un frein à l'innovation. Une raison de plus pour le gouvernement de lutter contre ce fléau.

Rédaction: Vincent Cusson


Rédacteur: Jin Wensi