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Joël Bellasen : 40 ans d’apprentissage et d’enseignement du chinois

Source: CCTV.com | 03-27-2014 14:30

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En France, tous ceux qui étudient le chinois connaissent Joël Bellasen, une référence dans le cercle encore restreint des sinologues français. Aujourd’hui, le chinois s’est glissé dans les collèges, les écoles primaires de France, devenant l’une des langues étrangères proposées dans les cursus scolaires. Tout cela, c’est aussi grâce aux efforts de M. Bellasen et de ses camarades de l’époque sur un fond de la réforme et de l’ouverture en Chine.

La librairie du Phénix, au coeur de Paris, est l’une des plus grandes libraires chinoises de France, si ce n’est d’Europe. C’est ici que notre journaliste a rencontré Joël Bellasen, inspecteur général de chinois au Ministère de l’éducation nationale, également habitué de la librairie. Dans les années 60 et 70, avant de partir étudier en Chine, il venait souvent ici pour s’enivrer du parfum de la Chine, et ses amis commençaient déjà à l’appeler "le chinois".

Joël Bellasen : 40 ans d’apprentissage et d’enseignement du chinois
 

Joël Bellasen

Inspecteur général de chinois Ministère de l’éducation nationale

« Lorsque j’ai commencé à apprendre le chinois, la Chine était encore très fermée, et le chinois paraissait vraiment comme une langue extra-terrestre. La Chine était un endroit où l’on ne pouvait pas aller. Donc la question, c’est pourquoi, pourquoi m’être engagé dans cette voie ? À l’époque il n’y avait peut-être qu’une centaine d’étudiants dans tout le pays qui s’intéressaient au chinois. Donc je pense que ce qui m’a attiré était justement le côté lointain de cette langue. »

Joël Bellasen n’est resté que deux ans à Beijing. Dans ce pays lointain dont il avait tant rêvé, il vivait au plus près de la Chine de cette époque. Comme ses camarades chinois, il se portait volontaire pour aller travailler à l’usine, pour aider les paysans dans les champs au moment des récoltes. Sur le campus de son école, il lui arrivait d’enfiler un masque pour aider les agents de propreté à nettoyer les allées.

Joël Bellasen

Inspecteur général de chinois Ministère de l’éducation nationale 

« Vous dites que je portais un masque, à l’époque, on ne comprenait pas vraiment pourquoi il fallait porter un masque, mais on le faisait tout de même, pour s’intégrer. »

Au terme de ses études, de retour en France, il commence à enseigner le chinois. Aujourd’hui, ses élèves et étudiants se comptent par centaines aux quatre coins du pays. Depuis l’époque de Jacques Chirac, tous les traducteurs et interprètes français pour les visites officielles en Chine sont des élèves de Joël Bellasen. Il est également l’auteur de la quasi-totalité des ressources éducatives pour l’enseignement du chinois en France. Dans ce livre illustré pour l’apprentissage des caractères chinois, il s’associe à un peintre chinois pour faire ressortir, à travers des encres chinoises, le sens des caractères.

Joël Bellasen

Inspecteur général de chinois Ministère de l’éducation nationale

« C’est le peintre Chen Dehong. -Ce personnage est très particulier aussi, il est superbe. -Et celui-ci, le "xian", une personne et une montagne. Pour moi, c’est l’impressionnisme chinois. »

Pour la France d’il y a 40 ans, le chinois était presque une langue extra-terrestre. Aujourd’hui, on compte plus de 47 000 Français qui l’étudient, et la France se place première en Europe sur l’apprentissage du chinois. L’année dernière, 4000 français ont participé à l’examen du HSK. Les cours de chinois ont même fait leur chemin jusqu’aux collèges et aux écoles primaires, faisant du chinois l’une des langues étrangères proposées dans les cursus scolaires. Dans les étagères de la librairie du Phénix, un manuel écrit par Joël Bellasen. On le réimprime depuis 20 ans, et il s’est vendu à plus de 140 000 exemplaires. Du lecteur passionné qui arpentait la librairie du Phénix, Joël Bellasen est désormais l’auteur qui en a envahi les rayonnages.


Rédacteur: Juliette