L´industrie en Chine : «Voguer vers un nouvel âge d´or»

Source: CNTV | 06-14-2010 11:53

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John Johnson - animateur

Bienvenue dans cette édition de « Objectif Chine », une édition shanghaïenne aujourd’hui. Pendant plusieurs années, la Corée et le Japon ont figuré en tête de liste des pays constructeurs de navires. Aujourd’hui, la Chine se positionne assez loin derrière ses 2 voisins. Selon des statistiques de Lloyd’s Register, le carnet de commande de la Corée prévoit la construction d’un nombre de navires équivalent à 53 millions de tonnes, contre 42 millions de tonnes pour le Japon, et 13 millions pour la Chine. Le chemin qui sépare la Chine de la Corée et du Japon semble long, et pourtant la Chine est actuellement le 3ème plus grand constructeur de navires sur la planète. Regardez bien ce qui suit.

Depuis 9 ans, la Chine a été le 3ème plus grand constructeur de navires sur la planète, après la Corée et le Japon. La construction navale en Chine a un impact important sur le volume des échanges et sur l’emploi. Mais surtout, la santé de cette industrie est directement liée au développement futur de la Chine. L’Empire du milieu s’est fixé un certain nombre d’objectifs pour les 10 années à venir dans le but de devenir le plus grand constructeur de navires au monde.

La ville de Quanzhou, dans la province du Fujian, jouit d’une position géographique unique. Quanzhou, située dans le sud-est de la Chine, à proximité de la région du sud-est asiatique, était un important port de mer sous la dynastie des Song.

Au début du 15ème siècle, des navires commerciaux chinois commencèrent à naviguer dans le monde, notamment en Inde et en Afrique et c’est à partir de ce point que l’on peut suivre la célèbre Route de la soie maritime.

Ville de Quanzhou – rivière de Jinjiang

Autrefois, les berges du fleuve Jinjiang, au sud de la ville de Quanzhou, étaient d’importantes zones de chargement pour le port de Zaitun. Un marchand italien, Diano Eck, venu à Quanzhou en 1271, a consigné ses impressions dans un journal de voyage qu’il avait intitulé “la ville de la lumière”et où il a recensé plus de 15 000 navires amarrés dans ce port, comprenant des embarcations maritimes, des trois-mâts et des cargos. Eck a indiqué également qu’il y avait davantage de navires dans le port de Zaitun que dans celui de Venise, une affirmation corroborée par le célèbre explorateur Marco Polo.

Des archéologues chinois ont exhumé une ancienne embarcation maritime dans la baie de Quanzhou en 1974. À ce jour, il s’agit du plus grand bateau du genre à avoir jamais été découvert. C’est également le plus vieux de tous ceux recensés dans les archives archéologiques jusqu’à présent. Des recherches ont démontré que cette embarcation était un voilier de bois utilisé à des fins commerciales. Elle a été construite dans la ville de Quanzhou, autour de l’an 1270.

Cet ancien voilier de bois est long de 34 mètres et large de 11 mètres . Son tonnage lui permettait de transporter 400 tonnes de marchandises. Le plan soigneusement conçu du bateau et l’intérieur parfaitement construit laissent penser qu’il s’agit d’une des embarcations maritimes les plus avancées de l’époque. L’Europe ne s’est familiarisée avec les techniques chinoises avancées de construction de navires qu’à la fin du 18ème siècle, ce qui plaçait le vieux continent environ 500 ans derrière la Chine dans ce domaine.

Pour prévenir les fuites, l’interstice entre les planches de bois était rempli d’une substance spéciale faite d’étoupe et d’huile de bois. Cette méthode est toujours utilisée aujourd’hui dans la construction des navires.

Voici le port de DaZuo, à Hui, un district de la ville de Quanzhou. Les gens ici ont hérité des techniques de construction de navires de leurs ancêtres. Certains tabous locaux empêchent les femmes de monter sur les bateaux. Mais le travail de construction les tient occupées en les obligeant à scier du bois et à porter du matériel de construction. Elles ont la satisfaction de voir le fruit de leurs efforts lorsque de nouveaux bateaux prennent la mer.

Voici un modèle de navires de bois tel qu’on les construisait sous la dynastie des Song. En terme de construction, de gréements et de majesté, cette embarcation répond aux plus hauts standards contemporains de construction navale.

Vous voyez derrière moi le port de Quanzhou. La raison pour laquelle je tiens à vous le montrer même par une journée brumeuse comme aujourd’hui, c’est qu’il y a 1500 ans, c’était le plus gros, le plus riche et le plus important port de l’Orient. Croyez-le ou non, sa réputation égalait celle de la fabuleuse ville portuaire d’Alexandrie, dans l’ancienne Égypte.

Il y a plus de 600 ans, l’Empire du milieu construisit une flotte de plus de 260 navires et forte de 20 000 marins. Sous la direction de l’amiral Zheng He, la flotte effectua 7 voyages couronnés de succès en plus de 30 ans, et navigua dans différentes régions du globe, incluant l’Asie du Sud et du Sud-est, l’Arabie et la majeure partie de l’Afrique du Nord. Les navires parcourèrent plus de 130 000 milles nautiques, et accostèrent le long des côtes de plus de 30 pays autour de l’océan Indien. Ainsi, ils contribuèrent grandement au rayonnement de la Chine partout où ils posèrent le pied.

Ce ne fut que 87 ans plus tard que les Portugais, avec leurs navires modernes et leur technologie de navigation avancée, réussirent à atteindre les ports chinois. Christophe Colomb cherchait lui aussi une route maritime vers la Chine, tout comme avait tenté de le faire Marco Polo avant lui.